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  • Anne-Fleur Andrle

De l'autre côté du micro d'Une Sacrée Paire d'Ovaires avec Marie Bongars

Dernière mise à jour : avr. 28

Aujourd'hui j'ai l'immense plaisir de vous présenter à Marie Bongars du podcast Une Sacrée Paire d'Ovaires.


Marie est kiné du sport en exercice, elle crée un podcast quotidien, ainsi que des podcasts de marques, elle vit a l'étranger mais bosse en France et en plus de tout ça elle est maman d'un mini humain de moins d'un an : bref Marie est incroyablement organisée et clairement je suis impressionnée tant elle donne l'impression que c'est facile.


Bercée par France Inter depuis son plus jeune âge, Marie est fan de radio et de podcasts. Il y a deux ans, lors d'un voyage en Asie Centrale pour le boulot, elle s'interroge sur l'histoire des femmes dans les pays qu'elle visite et qu'elle ne voit pas. Je ne vous raconte pas tout, elle le fera bien mieux que moi mais c'est ce qui la mena a créer Une Sacrée Paire d'Ovaires, pour visibiliser les femmes oubliées voire parfois consciemment effacées de l'histoire. Un podcast engagé, passionnant.



Transcription de l'épisode


Anne-Fleur Andrle (AFA) : Salut Salut et bienvenue dans Génération podcast, le podcast qui fait passer les podcasteurs et podcasteuses de l'autre côté du micro. Moi c'est Anne-Fleur et aujourd'hui j'ai l'immense plaisir de vous présenter à Marie Bongars du podcast Une sacrée paire d'ovaires.


Marie est kiné du sport en exercice, elle crée un podcast quotidien ainsi que des podcasts de marque. Elle vit à l'étranger mais bosse en France et en plus de tout ça elle est maman d'un mini humain de moins d'un an. Bref, Marie est incroyablement organisée et clairement, je suis impressionnée, si ce n’est pas un peu jalouse, tant elle donne l'impression que c'est presque facile. Bercée par France Inter depuis son plus jeune âge, Marie est fan de radio, d'histoire et de podcasts.


Il y a 2 ans, lors d'un voyage en Asie centrale pour le boulot, elle s'interroge sur l'histoire des femmes dans les pays qu'elle visite et qu'elle ne voit pas. Je ne vous raconte pas tout, elle le fera bien mieux que moi dans un instant mais c'est ça qui l'amena à créer Une sacrée paire d'ovaires pour visibiliser les femmes oubliées, voire parfois consciemment effacer de l'histoire. Un podcast engagé et passionnant. Je pense que vous ne manquerez pas de noter quelques références à nos différentes galères.


Avec Marie, on a eu quelques petits soucis techniques. Nous avons enregistré cet épisode pas moins de 3 fois ! Et ouais, comme quoi, des fois, la technologie ne coopère pas.


Avant de lancer l'épisode, on écoute le répondeur du podcast. Qu'est-ce que vous nous recommander aujourd'hui?


Répondeur du podcast : Coucou c'est Sarah du podcast Parentalité adolescence. Alors, je trouve que ton idée est géniale alors je me lance. Je déteste laisser des messages vocaux mais bon, écoute c'est le jeu. Alors, mon podcast, je vais t'en donner plusieurs parce que je suis quand même fidèle en podcasts mais il y en a quand même que j'aime bien découvrir. Alors, le premier, je dirais c'est un des premiers podcasts que j'ai écoutés. C'est Une vie plus saine et sereine. C'est un podcast de développement personnel qui est assez cool. Il y a aussi Les nouvelles voix, pour avoir des astuces sur le podcast, il est très sympa aussi. Qu'est-ce qu'on a d'autres?... Le gratin de Pauline Laigneau, très intéressant. Et Open start up, c'est Guillaume qui présente les start-ups bordelaises, très cool et le dernier J’peux pas j'ai business Aline de TheBBoost qui est super, elle a trop la pêche et c'est vraiment top. Du coup, voilà, j'espère que tu trouveras ton bonheur là-dedans et bonne continuation, je suis très contente d'avoir joué le jeu, ciao !


AFA : Génial, merci beaucoup Sarah. Si vous aussi, vous voulez me faire des retours sur le podcast, me suggérer un invité ou comme Sarah me parler de vos recommandations podcast, toutes les infos pour laisser un message sont dans la description de l'épisode ainsi que sur le site internet www.ecoutegénérationpodcast.com. Sur ces bonnes paroles, partons à la rencontre de celle qui est de l'autre côté du micro du podcast Une sacrée paire d'ovaires : Marie Bongars !


AFA : Bienvenue à nouveau dans Génération podcast. Est ce que tu pourrais me dire d'où est-ce que tu me parles là tout de suite et du coup, ce n'est pas la même réponse qu’il y a quelques jours…


MB : Et non, ce n'est pas la même réponse qu'il y a quelques jours. Je suis désormais aux Pays-Bas, où je vis à Arnhem à l'est du pays et je suis dans ma chambre, entre du linge qui est en train de sécher et une panière à linge pleine.


AFA : Super, écoute ça ressemble à peu près à mon bureau donc on est on est dans les mêmes conditions c'est bien ! Est-ce que tu pourrais, s'il te plaît, te présenter? Nous allons parler aujourd'hui de tes podcasts mais tes podcasts ne sont pas ta seule occupation dans la vie. Est ce que tu pourrais me raconter un petit peu, s'il te plait, Marie?


MB : Ouais donc initialement moi je suis kiné. Je me suis spécialisée en kiné du sport donc à l'heure actuelle, je n'ai plus d'activité libérale mais je travaille auprès des équipes de France de judo à Paris et donc j'ai développé une activité de podcasts et de création de contenu depuis, désormais, un peu plus de 2 ans, depuis janvier 2019. Maintenant, je vis donc de cette double activité qui est, à la fois, très différente sur le papier mais qui, au final, quand c'est des podcasts d’interview, est assez semblable à mon travail de kiné, ou, au final, on écoute beaucoup les gens. Donc, il y a une grande similarité entre le fait d'être kiné et d'écouter les gens, d'être interviewer ou journaliste et d'écouter les gens également.


AFA : D'accord. C'est intéressant comme parallèle effectivement, je n'y ai pas pensé. T'as oublié une 3e corde à ton arc, c'est que t’es maman d'une petite fille. J'imagine que ça impacte pas mal ton quotidien aussi tout ça.


MB : Oui oui, évidemment, avoir un enfant surtout en bas âge qui reste chez moi principalement, évidemment, ça impacte la vie et ça implique un petit peu plus d'organisation qu’auparavant je dirais…


AFA : Je me suis découverte des talents d'organisatrice que je ne soupçonnais pas.


MB : Je croule sous les calendriers sous les to do lists.


AFA : Alors, on va parler, aujourd'hui, plus en détails d'un de tes podcasts qui s'appelle Une sacrée paire d'ovaires mais j'ai ouï dire que ce n'était pas le seul podcast sur lequel tu travaillais. Est-ce que tu pourrais me raconter un petit peu tes autres projets podcasts ?


MB : Alors, dans les autres projets qui arrivent, il va bientôt y avoir une sortie d'un podcast en collaboration avec l'agence de la biomédecine et particulièrement de la branche don d'ovocytes, dons de gamètes pour laquelle j'ai travaillé pour l'agence de biomédecine sur 3 épisodes qui permettent de comprendre et de mettre en valeur, entre guillemets, le don d’ovocytes pour essayer de chercher de nouvelles donneuses puisqu'il y a un grand manque de gamètes, d'ovocytes à l'heure actuelle en France, ce qui entraîne parfois des couples ou des femmes seules à partir à l'étranger. Donc ça, c'est un projet assez récent qui est intéressant. Je trouve qu'il ouvre des perspectives et vraiment donne, je trouve, envie de donner ses ovocytes parce qu'on comprend tout l'enjeu de la PMA, de la procréation médicalement assistée. Voilà, je suis vraiment ravie d'avoir fait ce podcast qui ne devrait pas tarder à sortir.


AFA : Et tu me disais que c'était, notamment, pour ouvrir un peu les yeux sur le sort des femmes racisées aussi dans la réception de ces dons, c'est ça?


MB : Oui, exactement ! En fait, il y a un gros problème, principalement les femmes qui donnent sont des femmes blanches et il se trouve que pour des raisons qui semblent assez évidentes de ce qu'on appelle d'appariement, donc de ressemblance, en fait, entre les enfants et les parents, il manque principalement des donneuses noires et donc les temps d'attente pour les femmes noires, pour les couples de personnes noires, ils sont triplés. Donc ça va de 8 à 15 ans d'attente pour obtenir une gamète, un ovocyte de personnes noires. Enfin, on se rend bien compte qu’entre le moment où on commence à avoir des désirs d'enfant, on se rend compte qu’on n'arrive pas, de façon physiologique, à avoir des enfants et on se lance dans un parcours PMA de 8 à 15 ans… C'est délirant comme temps donc il y a beaucoup de femmes qui partent à l'étranger, au final, ou qui abandonnent tout simplement leurs envies de maternité et c'est un vrai problème à l'heure actuelle dans le don de d'ovocytes dans le don de gamètes. Évidemment, c'est la commande de l'agence de médecine a été particulièrement de mettre en lumière ce manque chez les personnes racisées.


AFA : OK très bien, merci beaucoup. Alors du coup, est-ce que tu fais beaucoup de podcasts de marque ou c'est vraiment quand le projet t'intéresse ou qu'on vient te chercher? Est-ce que tu démarches les institutions, les agences, les marques?


MB : Alors, là, pour l'agence de la biomédecine, en fait, c'est l'agence de médecine via une boîte de com qui m'a contactée mais sinon j'en ai fait un récemment avec les studios Majelan, sur 3 championnes françaises. C'est des master class, en fait, c'est des échanges d'expériences de vie donc qui avec Marie-Amélie Le Fur qui est championne paralympique, Clarisse Agbegnenou qui est championne du monde de judo et Estelle Nze Minko qui est championne du monde de handball et donc c'est des retours d'expériences, des femmes inspirantes, ça c'est un autre projet. Et puis, je suis en discussion aussi avec d'autres boîtes, d'autres institutions, pour créer des podcasts en collaboration et concrètement c'est ce qui me permet, à l'heure actuelle de vivre du podcast et puis c'est hyper intéressant aussi parce que travailler sous commande ça implique de se plier à des demandes, à des conditions, surtout dans le cadre institutionnel, c'est très cadré, l'agence de la biomédecine, particulièrement avec les lois de bioéthique, c'est très cadré donc c'est intéressant de travailler sous contrainte, entre guillemets, pas dans le sens péjoratif de la contrainte, mais de la commande dirons-nous et je trouve c'est intéressant et puis ça me force à réfléchir plus, à être de plus en plus créative, à apprendre de nouvelles choses. Donc, j'aime beaucoup, mise à part l'aspect financier, je trouve qu’intellectuellement et professionnellement c'est super galvanisant.


AFA : Justement, j'allais te demander Est-ce qu'on peut vivre du podcast? Donc c'est les podcasts de marque et pas forcément ton podcast perso qui te permettent de vivre? Bon après c'est en parallèle de ton activité de kiné, je te demande juste dun point de vue équilibre vie privée vie pro, entre l'activité rémunératrice, l’activité non rémunératrice ou moyennement rémunératrice comment est-ce que tu arrives à tout faire en fait? Je suis un petit peu impressionnée…


MB : Concrètement, maintenant que j'ai de plus en plus de demandes, je suis obligée de favoriser, dans mon emploi du temps, les activités rémunératrices tout simplement parce qu'en fait sur le court terme et le moyen terme, c'est ce qui va me permettre de continuer comme ça puisque je travaille beaucoup moins en tant que kiné maintenant et pour trouver un équilibre entre les 2 activités professionnelles, je suis obligée de favoriser ce qui me permet de me rémunérer donc j'essaye de fonctionner comme ça. En fait, je suis personne de passion, c'est à dire que si j'arrivais juste à payer mes loyers mais en faisant quelque chose que j'aime VS gagner 15000€ par mois et faire un truc que je déteste, je signe 1000 fois pour un truc ou je vivote avec. C'est parfois difficile pour moi parce qu’il y a des choses que j'aime, que j'adore faire et que parfois je suis obligée de mettre un peu de côté ou en tout cas de repousser peut être un petit peu moins investie mais parce que c'est pas ce qui me permet de me rémunérer donc je m'organise aussi un petit peu comme ça et puis après j'adore mon métier de kiné du sport donc pour moi, c'est pas un sacrifice que de mettre de côté toute la partie création podcast et création de contenu pour faire mon autre activité. J'essaie de trouver des balances et surtout j'essaye aussi d'accepter que parfois, je n’arrive pas à tout faire, c'est difficile pour moi parce que je travaille beaucoup en fait. J'ai, depuis toujours, besoin de beaucoup travailler pour sentir que j'y arrive. Donc je travaille, je continue de travailler trop mais c'est ma façon d'être, c'est ma façon de vivre donc je suis okay avec ça. Parfois les gens, ça leur fait un petit peu peur mais je suis comme ça, j’ai pas atteint une efficacité parfaite donc voilà je travaille beaucoup mais c'est ce qui me convient et je l'ai accepté en vieillissant, en fait tout simplement.


AFA : La sagesse… Et justement alors parlons-en un peu de ton autre podcast passion donc Une sacrée paire d'ovaires c'est un podcast qui a un peu plus d'un an c'est ça?


MB : 2 ans, 2019.


AFA : C’est un podcast dont tu as eu l'idée à la suite d'un voyage, est ce que tu pourrais nous raconter un peu l'histoire?


MB : Oui bien sûr, c'était en voyage professionnel. On avait fait une tournée en Asie centrale avec l'équipe jaune de judo. On était en Géorgie. On avait enchaîné avec l'Azerbaïdjan qui sont 2 pays pas très connus mais qui sont très intéressants tous les 2. Et en fait, il s'avère que j'étais avec une équipe masculine et qu’on s'entrainait avec des hommes tout le temps et que j'étais la seule femme en permanence. J'ai été sidérée de voir aussi peu de femmes dans l'espace public, mise à part les femmes qui venaient faire le ménage dans l'hôtel ou dans la structure, en tout cas dans lequel on était. Ça m'a beaucoup interrogée et j'ai eu envie de chercher qui avait pu bien être ces femmes qui avait fondées une nation ou en tout cas qui avait participées à la vie culturelle, la vie politique, la vie journalistique, la vie intellectuelle de la Géorgie et de l'Azerbaïdjan. Quand je me suis penchée sur ces profils, je me suis rendue compte qu’en Géorgie, une des personnes qui avait permis au pays d'atteindre un âge d'or, c'était une reine Tamar de Géorgie et que c'était une des premières reines qui avait existée seule, sans roi, dans le monde entier. Au travers de ce genre de découverte que j’ai pu faire, j’ai commencé à rédiger des résumés, des petites autobiographies de ces femmes sur mon compte instagram qui était en train de se développer et ça a beaucoup plu. C’était vraiment le moment où les podcasts ont commencé à se développer en tant que podcasts natifs et je me suis dit bon, si j'en faisais un podcast parce qu’à ce moment-là, il n'y avait aucun podcast sur les femmes oubliées de l’histoire qui existait. Puis, j'ai acheté un micro, j'ai vu qu'avec le logiciel que j'avais sur mon ordinateur ça suffisait amplement pour faire un peu de montage et puis je me suis lancée à tâtons et c'était parfait.


AFA : C’est génial. T’écoutais des podcasts, déjà à ce moment-là?


MB : J'écoutais beaucoup de podcasts et j'écoutais déjà beaucoup beaucoup la radio. J'ai vraiment été élevée avec France Inter, j'étais une grande fan de France Inter et je vivais vraiment d'autant plus en déplacement vraiment pour me raccrocher à la temporalité française et aussi pour rester en contact avec les nouvelles, avec ce qui se passait et aussi avec la langue française. Quand on est à l'étranger, obligatoirement, même si je me déplace avec des Français, on entend peu la langue française autour de nous donc j'aimais vraiment bien ce petit rappel à l'actualité, la culture française donc j'écoutais beaucoup quand je loupais à la fois les infos tout simplement en podcast mais aussi les émissions, comme Boomerang d'Augustin Trapenard et puis Affaires sensibles de Fabrice Drouelle. Puis j’ai commencé à écouter le podcast Nouvelle école que j'ai vraiment adoré. Ensuite, à peu près au même moment j'écoute La poudre de Lauren Bastide et j'aimais beaucoup parce qu’enfin on accordait la voix aux femmes, à des personnalités qui étaient médiatisées mais pour lesquelles, en fait, on s'intéressait pas forcément à la personnalité, à la personne qu'elles étaient, puis j'ai beaucoup aimé aussi l'évolution que ça prend maintenant, le fait de donner la parole à des scientifiques, à des femmes ultra qualifiées dans leur domaine, souvent racisées et qu'on ne connaît pas ou peu et qui parlent en leur nom et pour elles.


AFA : C'est vrai que c'est presque une continuité entre vos 2 podcasts maintenant qui paraît presque évidente et c'est super intéressant. Est-ce que à cette époque là, tu te considérais et peut être que d'ailleurs tu te considères pas maintenant j'en sais rien, mais comme féministe? Je sais que selon les personnes, on a un peu du mal avec l'étiquette, en tout cas t'as quand même une démarche profondément féministe, je ne sais pas si tu peux me parler un petit peu de de ta plongée là-dedans?


MB : Je suis féministe, c'est clair, c'est sûr et certain. Après, je pense que ça fait longtemps que j'avais des convictions, que j'avais pas forcément mis un mot dessus mais que je l'étais et puis en fait, disons que mon sens du féminisme, mon sens de l'engagement, s'est développé vraiment depuis 2, 3 ans et une fois que j'ai mis la main dedans, j'ai été complètement happée et je me suis rendue compte de pleins de choses et je continue de me rendre compte de plein de choses et c'est génial, enfin j'adore ça, je trouve ça passionnant et je pense qu’à l'heure actuelle on est un peu toutes et tous obligés d'être féministes et de faire avancer les femmes, les minorités dans le monde et qu'on se rende compte une bonne fois pour toute, qu'il faut faire bouger les choses, qu'en fait, on ne pourra pas continuer à avancer dans tous les domaines si on n’inclut pas tout le monde.


AFA : Bien sûr, bien sûr !


MB : Et puis clairement, depuis que j'ai mis le nez dedans, je me rends compte de pleins de choses et c'est à la fois passionnant, c'est parfois un peu vertigineux mais c'est quand même génial de se battre pour ça.


AFA : Comme tu dis, c'est un gros travail de visibilité. Est-ce que c'est ça ton objectif numéro un avec ton podcast du coup ou est-ce qu'il y a encore un objectif plus grand?


MB : Alors je ne sais pas si un objectif plus grand, c'est difficile à dire mais, je crois qu'en fait maintenant que j'ai, encore une fois, découvert des femmes que moi-même que je ne connaissais pas forcément, en fait, j'ai l'impression de rendre une sorte de justice parce que, pour moi, c'est pas possible qu’il y aient des femmes et des minorités qui aient été complètement effacées, c'est à dire que dans certains épisodes, en tombant sur certaines histoires de femmes et minorités en fait, je me suis rendue compte qu’elles ont été obligées, parfois pour certaines, de justifier leur existence. À qui ça arrive de devoir justifier son existence alors que t'as fait des trucs incroyables? et ça vraiment quand je tombe sur ce genre de profils, il y a 2 profils vraiment qui, vraiment, me font dresser les poils, c'est des femmes, c'est souvent des scientifiques, qui sont effacées. Les seules choses qui permettent de les ramener à la vie, de justifier leur existence c'est que souvent elles ont cosigné, ou on les a fait cosigner des articles avec des hommes. L'autre chose qui vraiment me met hors de moi, c'est celles qui avaient mis au point des inventions qui étaient parfois révolutionnaires, je pense à Mary Kenner qui a inventé les protections périodiques 40 ans avant que ça apparaisse et qui, quand l’industrie qui doit faire le brevetage, sonne chez elle, se rend compte que c'est une femme et c'est une femme noire, décide d'annuler le brevet. les personnes menstruées ont dû attendre 40 ans de plus, avant de mettre de côté les tissus que tout le monde enroulait, à ce moment-là, autour de ses sous-vêtements pour éponger ces menstruations. Donc tu te dis que c'est complètement délirant et ces profils-là, ça me fait dégoupiller ! C’est inconcevable tellement c'est ridicule. Quand je tombe sur des profils comme ça, je me dis vraiment que c'est important de le faire et ça montre toute la bêtise d'avoir effacé ces personnalités-là de l'histoire. En fait, je pense, dans l'humanité, qu’on a perdu du temps en mettant ses femmes et ses minorités de côté et quand tu te dis ça, c'est terrible quoi, c'est hallucinant. Il y a ce côté-là, essayer de leur rendre, en fait, de célébrer leur existence, de leur redonner une place au centre de la grande histoire et puis aussi de pouvoir inspirer des plus jeunes auditrices, des plus jeunes auditeurs, par ces profil dont ils n’ont pas forcément entendu parler dans les manuels d'histoire.


AFA : C'est vrai qu'il y aurait aussi un gros travail là-dessus, pour ramener toutes ces connaissances, toutes ces recherches que tu fais à nos enfants, en fait, parce que là j'imagine que tes podcasts sont surtout écoutés par des adultes.


MB : C'est sûr, j'ai réfléchi plusieurs fois à faire une version pour les enfants. Peut-être que ça arrivera un jour. Après, je pense qu'il y a des supports tels que Les culottées de Pénélope Bagieu qui en plus, maintenant, est décliné en mini épisodes avec France télé, qui sont hyper abordables. C'est des petites pastilles de 3 à 5 minutes, c'est top. Et honnêtement, je pense que ce support-là, il existe déjà et qu’il est déjà d'une qualité telle que je sais pas si un podcast pour les jeunes enfants auraient un intérêt mais c'est quelque chose pour lequel je me suis posée plusieurs fois la question donc qui sait, si j'arrive à trouver une scientifique qui permet d'allonger les journées…


AFA : C'est ça parce que justement, comme je te disais, je suis très impressionnée par tes capacités d'organisation parce que ton podcast, depuis janvier il est quotidien.


MB : Ouais c'est ça, ça demande beaucoup de travail…


AFA : Ouais j'imagine. Alors tu as 2 formats, c'est ça, sur tes épisodes? Des formats un peu plus longs et des formats très courts. Les formats courts c'est des super, comme on dit en anglais, « conversation starters ». Enfin, tu vois c'est une petite pépite que tu chopes et qui te permet vraiment, je trouve, d'enclencher des conversations profondes avec les collègues, la famille, les amis et je trouve ça absolument génial. Est-ce que tu peux nous décrire justement ces 2 formats?


MB : Oui alors le premier format, le format long, c'est le format original. C'est celui avec lequel j'ai commencé le podcast : des épisodes de 20 à 40 min, jusqu’à 45 minutes pour présenter une personnalité oubliée de l'histoire. Ça permet de vraiment développer à fond. Et puis, parfois sur des personnalités, il y a tellement de choses à dire que de toute façon ça serait très compliqué de faire ça en 5 minutes. Je sais que c'est aussi le format qui a plu initialement donc je voulais toujours qu'il soit présent donc celui-ci, il est présent 2 lundis par mois plus le dernier lundi du mois qui là est consacrée à la femme qui a fait le mois écoulé donc par exemple le dernier mois ça a été Loujain Al-Hathloul, qui est une militante Saoudienne qui a été libérée au cours du mois de février. J'essaie de me raccrocher à une personnalité, à une actu pour la mettre en avant encore plus à la fin du mois. Ensuite, les épisodes courts je les ai vraiment pensés comme des petites pastilles radio, comme des petites interventions radio qu'on pouvait écouter le matin, en prenant son café, en allant dans le métro, en prenant sa voiture, peu importe, en marchant jusqu’à son lieu de travail ou son université. Et comme tu le dis, en fait, en 5 minutes, je ne peux pas tout dire. Enfin, malheureusement si, parfois je peux tout dire parce que j'ai tellement peu d'infos, les personnalités sont tellement peu connues qu’en fait, j'ai vraiment essoré tout ce que j'avais trouvé comme ressource, comme référence. Parfois, c'est vraiment plus, comme tu le dis, pour ouvrir une conversation, pour se dire « Ah dis donc, j'ai bien aimé cet épisode sur Letizia Battaglia qui est une photo journaliste italienne » et j'ai pas eu le temps de tout dire en 5 minutes mais, par contre, moi je la connaissais pas cette photo journaliste, j'ai trouvé son travail sur la mafia et sur les femmes et les filles vraiment magnifique. J'ai vraiment envie de, si j'ai l'opportunité, d'aller voir une expo, d'acheter un de ses bouquins… Et puis l'objectif, c'est de mettre un petit peu plus le nez dedans. Je pense que, de toute façon, si on parle aussi un peu de pédagogie et d'éducation, c'est aussi parce que les auditeurs vont prendre le temps d'aller chercher, que ça va permettre aussi à tout le monde d'avancer. J'aime bien quand on m'envoie un message et qu’on m'envoie une photo de quelqu'un en expo, en disant, il y avait une expo sur Yayoi Kusama, je l'avais entendue en podcast, je me suis dit « Oh chouette, je vais aller la voir et j'ai découvert son univers » et ça franchement, c'est gagné quoi. C'est vraiment ce que je kiffe, en fait.


AFA : Oui, c'est clair. Alors comment est-ce que t'as décidé justement d'en faire plus? Tu vois comme tu disais, t'avais un format original qui était un peu plus long. Comment est-ce que tu t'es dit « bon, j'ai un peu trop de temps libre, je vais en faire tous les jours » ?


MB : Alors, il y a plusieurs raisons. La première raison c'est que donc je ne travaille plus en tant que kiné libérale donc j’ai quand même un peu plus de temps dans mes journées. Les formats longs, l’inconvénient c’est que ça me permet de parler d’histoires de femme qu’on connaît un petit peu déjà. C'est à dire que je n'ai pas les ressources, je ne suis pas universitaire et je n'ai pas le temps de faire des recherches qui me feraient lire 50 bouquins, passer 50 heures à la bibliothèque universitaire donc je prends ce que j'ai sous les mains. C’est principalement des écrits, évidemment, des vidéos et puis les ressources internet. Le format court me permet vraiment de parler de cette artiste polonaise que personne ou très peu de personnes ne connaissent mais qui a quand même fait partie des premières femmes à venir peindre en France et qui a été une des premières personnalités, une des premières peintres de son pays. J'ai pas grand chose mais j'arrive quand même à en faire un épisode et que les gens se rappellent d'elle à la fin, ou, en tout cas, aient entendu son nom et ça c'est vraiment ce que permet ce format court, voilà, c'est de pouvoir aborder des personnalités, tu vois, je parle des minorités de genre, ça me permet aussi de parler de personnes transgenres. Tu vois, il y a eu un épisode récemment sur une femme transgenre Turque, c'est Seyhan Arman. Clairement, je ne peux pas faire 45 minutes sur elle parce qu'il y a beaucoup de ressources en Turc, malheureusement, je ne parle pas turc. Là, j'arrive à faire un épisode de 5 minutes qui permet de te dire que c'est une des plus grandes actrices de son pays, qu’elle se bat aussi pour les droits LGBT. Tu vois, ça me permet de parler d'elle et de la sortir un petit peu de l'anonymat qu'elle peut avoir en France. Je ne suis pas sûre qu'il y ait beaucoup de personnes qui connaissaient Seyhan Arman en France. Et aussi, pour être tout à fait honnête, c'est que ça me permet aussi, d'avoir plus d'écoutes mensuelles ou bien de créer une espèce de fidélité et quand je démarche pour avoir des sponsors et de la publicité, ça me permet aussi potentiellement de gagner un peu plus d'argent et de rendre le format plus pérenne. Je me suis dit bon, j'essaye sur un moment, je vois si ça fonctionne, je vois si ça plait et puis on voit ce que ça donne.


AFA : Et alors, ça plaît?


MB : Ouais, franchement, déjà c'est cool parce que ça fait 2 mois que ça tourne et que les écoutes sont croissantes donc ça veut dire que le format plait. Je suis facilement à 100 000 écoutes / mois, c’est pas mal en étant indépendante, en ne faisant pas de pub, pour moi, c'est chouette.


AFA : Ah ouais, c'est canon ! Bravo. Justement, tu dis que le temps c'est de l'argent donc tout ce temps voilà c'est aussi de le rentabiliser pour te permettre d'avoir un projet plus pérenne. Tous les épisodes te demandent quand même beaucoup des recherches même si tu ne trouves pas toujours, pour autant, tout ce que tu souhaiterais. Est-ce que tu as une idée de combien de temps te prend un épisode court et un épisode long de A à Z quoi?


MB : Alors pour les épisodes courts, en fait, maintenant aussi que je connais, je me suis rendue compte qu’au bout d'un moment, après avoir lu en gros 5 articles que je trouve valable pour un épisode court, en fait ça tourne un peu en boucle. C'est à dire que les infos que je glane se ressemblent au bout, d’en gros, entre 3 et 5 articles. 5 articles c'est ce qui me semble pertinent. Parfois, je vais un petit peu plus si je vois qu'il y a plein de sources pertinentes mais en fait avec 5 sources pertinentes et complètes tu arrives à ratisser un épisode de 5 minutes. Faut limiter en fait parce que sinon je peux passer 10h sur un épisode de 5 minutes mais il y a un moment, il faut être réaliste. Ce n’est pas possible de fonctionner comme ça donc en fait je me suis planifié 2h00 d'écriture, recherches/écriture pour des épisodes courts donc 2h pour 5 minutes. Après, l'enregistrement ça me prend le temps de l'épisode grossièrement, parce qu'avec l'habitude, maintenant, j'ai quand même de moins en moins de montage de découpage, etc. Donc voilà, l'écriture 2h, l'enregistrement 5 minutes, le montage me prend en général une demi-heure et ensuite la mise en ligne et tout le support com, donc ce que j'écris sur insta, ça me prend entre 30 minutes et 1h pour chacun.


AFA : Ouais donc tu carbures quand même !


MB : Ouais parce qu’il faut rédiger un petit peu, je crée 2 posts par jour pour parler de l'épisode plus, ensuite, j'essaye de faire un quiz tous les samedis sur mon compte enfin, mine de rien, en fait, si tu veux être réaliste je pourrais dire que ça me prend 5 minutes mais en fait, dans les faits en moyenne ça prend entre 30 minutes et 1h.


AFA : Non mais c'est vrai, c'est un compliment, je suis impressionnée de tout ce que t'arrives à faire en peu de temps.


MB : Après, pour un épisode long souvent c'est une journée complète d'écriture. En fait, je commence à 9h je termine à 20h et pendant toute la journée je travaille dessus et en général après j'ai quand même au moins 2h00 de relecture, de réécriture en plus. Si je veux être objective et honnête je pense que c'est ça.


AFA : Okay et c'est impressionnant que tu aies aussi un autre boulot à côté quoi, je dis ça juste comme ça. Si tu devais nous conseiller un épisode d’Une sacrée paire d'ovaires à quelqu'un qui n'a pas encore écouté ton podcast, quelqu'un qui se demande un peu de quoi on parle là, tu lui recommanderais de commencer par lequel?


MB : Alors, un des épisodes qui a été le plus apprécié c'est celui sur les Amazones qui est un épisode de femme du mois puisqu'il y avait des ossements d'une femme guerrière qui avaient été retrouvés, il y a quelques temps, je crois que c'est un épisode qui date d'un peu plus d'un an et que moi aussi j'aime particulièrement parce que c'est des femmes guerrières qu’en fait c'est un mythe qui a peut-être été réalité, qu'on les considère peut-être comme les premières femmes libres et fortes parce qu’elles ont créé une sorte de matriarcat : vivre entre femme, contrôler leur reproduction etc. Ça a effrayé beaucoup les hommes et c'est pour ça qu'en fait, on ne sait pas si c'est un mythe ou une réalité parce qu’il y a de plus en plus de découvertes scientifiques qui montrent qu’il y a des femmes guerrières qui ont vécues ensemble et je trouve ça super chouette, j'aime beaucoup le mythe ou la réalité des Amazones. C'est vraiment un truc que je trouve chouette. Ensuite, j'aime beaucoup l'épisode sur Agnès Varda. C'était une grande personnalité du cinéma français que tout le monde ou presque connaît, tout le monde voit cette petite femme avec sa coupe au bol mythique, son grand sourire et en fait son histoire est très intéressante et je trouve qu'elle fout la pêche. J'admire cette femme vraiment et j'ai eu l'impression de la découvrir. Et tu vois ses petits-enfants, ils l’appellent Mamita punk et en fait, tu sais, tu passes un moment avec ta Mamita punk qui est cool, hors du cadre et qui qui est hyper créative, voilà j'adore cette femme.


AFA : Non mais c'est clair, je l'ai écouté aussi et c'est un épisode qui fout la pêche comme tu dis et puis je crois qu'il y a des gens qu'on croit connaître et qu’en fait, on ne connaît pas c'est assez intéressant. Tes épisodes se déroulent un peu comme une lettre, tu peux me raconter un peu cette approche, le choix de cette approche?


MB : C'était un problème de pauvre entre guillemets. C'est à dire que donc je suis kiné, je suis pas journaliste, j'habitais en Bretagne donc j'avais aucun contact dans le milieu journalistique, aucun contact de star, de personnalité etc. Je me suis dit, plutôt que d'envoyer plein de mail parce qu’évidemment, ça peut fonctionner, on n'est pas obligé de connaître plein de personnes pour réussir à acheter des trucs cool et quand on a envie, il faut avoir du temps et un peu de courage et du culot mais à ce moment-là j'ai décidé de m'inventer une conversation avec des personnalités que j'aimerais ou que j'aurais aimé rencontrer. De les tutoyer, c'était un parti pris depuis le début qui peut choquer un petit peu parce que ça, le tutoiement en français est vraiment pris comme une marque d’irrespect. Je l'ai pensé avec le tutoiement pour créer comme une comme un lien avec cette personne, comme si tu la connaissais et aussi car l'objectif d'Une sacrée paire d'ovaires est de réduire le gap entre ces grandes personnalités, ces femmes que tu admires, ces minorités de genre que t'admires et puis nous. L'objectif c'est vraiment de montrer qu'elles n’ont pas eu des parcours faciles, qu’elles se sont battues, qu'elles ont vécu des échecs et qu'en fait elles ont réussi, tout ou presque, à achever tout ce qu'elles voulaient et ça j'aime vraiment cette idée de se dire, voilà, c'est pas parce que demain tu veux devenir astronaute, c'est pas parce que tu loupes ton bac que tu ne vas pas réussir à devenir astronaute. C'est pas parce que t'as été refusée dans une école d'art que tu vas que tu ne vas jamais être une grande artiste, sans chercher la célébrité ou à recevoir des Oscars, des Césars, ce que tu veux. Si tu te fixes des objectifs et que tu bosses et que t'essayes vraiment d'enfoncer toutes les portes que tu peux, tu peux réussir même s'il y a des moments qui sont difficiles. C'était vraiment, aussi, un des objectifs, mis à part remettre en lumière ces personnalités, c'était vraiment qu’on utilise ces personnes comme des parcours inspirants et qu'on puisse se dire « Ah ouais, attends, non mais attends mais moi j'ai envie d'être photojournaliste mais je ne vais jamais réussir… Attends Letizia Battaglia, elle a été mariée à 16 ans, elle s'est retrouvée avec 3 mômes elle s'est barré de chez elle a 36 ans, elle a aucun diplôme, elle a reçu les meilleurs prix de photojournalisme ». Rien n'est impossible si jamais tu t'en donnes les moyens, si tu te bats et tu t'en fous de tout, si t’oses. Voilà, c'était vraiment ça l'objectif.


AFA : C'est un super message. Comment est-ce que tu les choisis justement ces femmes? Je crois que tu me disais que tu fonctionnes par date anniversaire…


MB : Oui, alors pour les épisodes courts : c'est des dates d'anniversaire. Je trouvais ça chouette en fait de base et voilà, le 1er mars, telle personnalité est née : racontons son histoire. Ça me permet que ça soit un petit peu cadré, que ça ne parte pas dans tous les sens, d’une petite base fixe et je trouve ça chouette. Pour les épisodes longs, j'ai souvent des suggestions. Après, moi je peux avoir aussi quelques envies d'avoir vu un nom circuler, de me dire « Ah chouette histoire, sujet que je n’ai pas forcément beaucoup adopté » puisqu’évidemment, les femmes qui restent dans la lumière de l'histoire sont souvent des actrices, des actrices américaines, les actrices américaines blanches. Faire que des épisodes sur des actrices ou des autrices américaines blanches, ça ne me tente pas. Donc en essayant de varier au maximum pour qu'il y aient des profils d'activistes, pour qu'ils aient des profils d'artistes pas très connus, des sculpteuses, des femmes qui font, je sais pas moi, de la musique électronique, c'est mon objectif à l'heure actuelle sur les épisodes courts, c'est que tous les jours ça soit une nationalité, une personnalité, une profession différente pour vraiment qu’à la fin du mois tu aies entendu des femmes des 4 coins du monde, des minorités de genre qui font des métiers hyper différents, pour vraiment ratisser large et ne pas être fixé sur un type de personnes. J'ai pas mal de suggestions. En fait, plus le podcast existe, plus je reçois des mails et des messages sur Instagram tous les jours pour me proposer des personnalités donc c'est super chouette. Et puis, vu que je note vraiment tout, j'ai souvent des messages en disant « je t'avais envoyé un message parce que j'avais trop envie que tu parles de cette personnalité là et ce matin j'ouvre mon application et il y a un épisode sur cette personne ». Et ça je trouve ça chouette.


AFA : De montrer que t'écoutes tes auditeurs.


MB : Oui j'essaye au maximum, j'aime bien le principe que le podcast puisse être un minimum collaboratif.


AFA : Est-ce que tu saurais me dire après 2 ans de podcasts, à un rythme quand même relativement intensif, est ce que tu saurais me dire qu'est-ce que tes podcasts t’ont appris sur toi?


MB : Ce que ça m'a appris sur moi, c'est qu'on peut faire pas mal de trucs sans avoir aucune connaissance. Par-là, j'entends que j'écris depuis toujours, j'adore ça donc je pense que j'ai une qualité relative d'écriture mais qui reste quand même une qualité d'écriture, de raconter des histoires. Disons que j'avais ça comme base, comme terreau initial, mais que je n’avais jamais enregistré. Je n'avais jamais fait de radio, de montage, je n’avais jamais fait tout ça et donc ça m'a appris qu’en travaillant, en cherchant, j'arrivais un peu à faire ça et ça ne m'a pas enlevé le syndrome de l'imposteuse parce que, de toute façon, je crois qu'il est inhérent à toutes les femmes mais par contre ça m'a fait comprendre que si je bossais, je pouvais quand même faire des trucs incroyables. C'est super gratifiant de se rendre compte que des choses que tu faisais avant en 1h de montage et maintenant tu ne fais plus qu'en 30 minutes parce que tu sais qu’il faut appuyer sur ce bouton-là, voilà, que t'arrives à tout faire… Ça serait sûrement mieux fait par un monteur, ça serait sûrement mieux si c'était enregistré en studio mais avec ma petite cuisine homemade j'arrive à faire pas mal de trucs quoi…


AFA : Quand l'ordinateur ne s'éteint pas au milieu de l'enregistrement parce que ça, c’est quand même la 3e fois qu'on enregistre Marie… est ce que, je sais pas, il y a un gros fail, un truc qui était peut-être un peu plus compliqué pour toi dans cette aventure podcastique?


MB : Je dirai, mais ça c'est plus des histoires personnelles, c'est que quand j'ai commencé à enregistrer les podcasts j'étais dans une période de ma vie qui était un petit peu compliquée et que j'ai eu beaucoup de remarques péjoratives par rapport à ça dans mon entourage, dans mon ancien entourage amical dirons-nous. Le fait que ça fonctionne maintenant et que j'arrive à en vivre, en fait, je n'aime pas être animée par la vengeance, je ne suis pas animée par la vengeance parce que ça sert à rien mais disons que c'est une satisfaction de savoir que des gens qui rigolaient un petit peu doucement de ce que je faisais, peut être par le côté un petit peu amateur et le fait que ça soit pas ma base professionnelle et donc ça fonctionne, c'était un fail enfin, je veux dire c'était un fail pour les autres au début et qui s'est révélé être un pied de nez à posteriori. De temps en temps, j'avoue que quand il y a eu des articles dans le monde, des articles dans Télérama avec des bonnes notes en plus, c'est le genre de truc où je suis surtout contente pour moi-même mais je me dis si les personnes lisent ça, je leur fais un gros fuck…


AFA : En effet, ça fait du bien, merci en tout cas pour ta sincérité. Si on va dans ton appli de podcasts… t’utilises quoi d'ailleurs comme appli pour écouter des podcasts?


MB : J'utilise Apple podcasts. Après, dans un dans un truc différent vu que j'ai enregistré avec Magelan y'a pas longtemps, j'ai découvert Magelan et bon, c'est une plateforme payante donc je sais que ça peut rebuter certaines personnes (je ne suis pas payée pour dire ça… j'aimerais bien mais bon !) mais j'ai trouvé vraiment qu'il y avait des émissions de grande qualité. Les interviews sont différentes de ce que tu peux entendre. Souvent, sur ces personnes-là qui sont interviewées, il y a vraiment, il y a un programme avec 5 épisodes à chaque fois, celui d’Yseult qui est vraiment génial. Il y a des épisodes avec Morgane Ortin d'amours solitaires qui sont géniaux enfin vraiment j'ai trouvé qu'il y avait une grande qualité sur cette plateforme. C'est payant mais je pense que parfois payer pour avoir du contenu de qualité c'est chouette aussi.


AFA : Oui, non mais bien sûr et c'est vrai que d'ailleurs c'est tout un truc avec le podcast. C'est quelque chose qui est gratuit dans la plupart des cas mais les créateurs faut aussi qu'ils vivent donc soit on passe par des plateformes payantes soit il y a d'autres moyens de monétiser son contenu mais t'as raison de le dire. Alors, si on fait une petite plongée du coup dans ton application de podcasts, celle que tu utilises au quotidien donc tu nous as dit ce que t'avais écouté en premier, est ce qu’il a un épisode, tous podcasts confondus, qui t'a particulièrement marqué, depuis que t'écoutes des podcasts. Et, si oui, lequel?


MB : Malheureusement, je crois que je ne vais pas réussir à te citer un épisode mais je sais que quand j'ai des petits coups de mou, j’écoute A bientôt te revoir. Disons que ça va illuminer ma journée. Je ne suis pas fan de tous les épisodes mais il y a vraiment des épisodes où j'ai beaucoup rigolé et c'est tellement décalé, c'est tellement différent que vraiment j'adore.


AFA : Très bien, super. Ton podcast préféré du moment dont tu ne loupes pas un épisode c'est lequel?


MB : En ce moment, souvent, quand même je ne loupe pas beaucoup d'épisodes des Couilles sur la table parce que vraiment, j'adore ce que fait Victoire Tuaillon et je suis en train de me mettre aussi à son nouveau podcast qui s'appelle le Cœur sur la table. C'est souvent de très grande qualité ce qu'elle fait Victoire.


AFA : En tant qu’auditrice, est-ce que t'es plutôt podcast court ou podcasts long du coup ?


MB : Alors vraiment, ça dépend, ça dépend de ce que je fais. Je cours un petit peu moins parce que j'ai un bébé mais quand je courais, je mettais vraiment un podcast long 40/45 minutes, ça dépendait de la distance que je faisais évidemment.


AFA : Moi quand je cours, un podcast de 10 min c’est parfait !


MB : Après, disons que ça dépend vraiment. Les pastilles de 5 minutes par exemple je vais plus les écouter en prenant ma douche, en faisant une activité ponctuelle, quand je cuisine, quand je fais du ménage, qui sont les moments où j'écoute souvent des podcasts, en fait et ben là je dirais que j'écoute plutôt des épisodes longs mais je varie entre les deux.


AFA : C'est quoi le dernier truc que t'as écouté?


MB : Le dernier truc que j'ai écouté c'est le billet de Guillaume Meurice sur france-inter. Souvent en fin de semaine, si je ne les ai pas écouté, je réécoute tous les épisodes de la semaine. C'est pas un podcast natif, ça n'en reste pas moins quelque chose que j’écoute.


AFA : Je n'ai pas écouté depuis quelques temps mais j'adore Meurice, il me fait mourir de rire.


MB : Ah non mais enfin moi vraiment, c'est la même chose tu vois j'ai un coup de mou, j'écoute ou Sophie-Marie (Larrouy) ou Guillaume Meurice, il me fais pleurer de rire et même si ça dure depuis longtemps ses chroniques, je les trouve toujours aussi bonnes.


AFA : Est ce qu’il y a un conseil que tu aurais aimé qu'on te donne quand tu t'es lancée dans toute cette aventure podcast et que tu pourrais partager?


MB : Je dirais qu’il ne faut pas hésiter à demander des conseils à d'autres podcasteurs ou podcasteuses parce que je trouve qu'il y a quand même une solidarité relative au centre de la communauté. Je n'ai pas l'impression qu’il y ait de la concurrence ou sinon je ne la ressens pas et tu peux faire des trucs cool, des featuring et des collab. Puis, je pense qu'il ne faut pas hésiter à proposer des choses et à questionner les gens qui ont un peu plus d'expérience. Je me rappelle, même au tout début, j'avais besoin d'un truc un peu administratif et légal. J'avais écrit à Nouvelles écoutes, ils m'avaient renvoyée un mail en me disant faudrait que tu fasses comme ça, c'est mieux… C'est un des plus gros studio de podcasts français, ils m'avaient répondue et puis ça leur rapportait rien de le faire et j'avais ça cool. Je pense qu'il ne faut pas hésiter, toujours oser, de toute façon oser tout, ça fonctionne toujours un moment


AFA : A quoi ressemblerait ton quotidien si tu n’avais pas lancé ton podcast?


MB : Je serais toujours kiné en libéral j'imagine. Ça ne serait pas une fatalité mais j'ai vraiment équilibré ma vie professionnelle entre la kiné du sport et la créativité, la création. C'est vraiment un but que j'avais en tête depuis quelques années et qui a pu se concrétiser vraiment. C'est une grande chance que j'ai, à l'heure actuelle, de pouvoir le faire.


AFA : Et puis c'est très peu commun, en tout cas, c’est super chouette. Qui est-ce que tu aimerais entendre derrière le micro dans ce podcast?


MB : On en a parlé un peu la dernière fois mais du coup, Augustin de Nouvelles écoute, nouvelles écoles, j'aimerais beaucoup l'entendre parce que vraiment je pense qu'il a inspiré beaucoup de monde, en fait. J'aimerais bien savoir qu'est-ce que t'es devenu? On veut retrouver une 2e saison.


AFA : Justement, j’ai fait un post aujourd'hui sur les podcasts qui se sont arrêtés et qu'on aimerait trop voir revenir et je crois qu’il y a 80 % des commentaires c’est Nouvelle école. OK super, c'est noté. On te souhaite quoi pour la suite?


MB : J'aimerais bien faire une chronique à la radio, de ces femmes oubliées, si vraiment j'avais un truc que j'aimerais bien c'est faire ça mais ça va venir, ne vous inquiétez pas, parce que j’ose.


AFA : Y'a un truc ? Il y a quelque chose en cours ?


MB : Non, pas du tout mais faut savoir que si tu me mets dehors par la porte, je rentre par les fenêtres ! Je bretonne moi, je suis un peu têtu…


AFA : Ouais je connais bien le caractère….


MB : Non vraiment, si t'avais un truc à m'offrir, là, comme ça, je dirais une chronique à la radio, j'adorerai et puis continuer à pouvoir mener la vie que je mène.


AFA : Ecoute, c'est tout ce qu'on souhaite et puis, s'il te plaît, tiens-moi au courant si tu passes par la fenêtre ou par la porte, du coup, pour la radio. Ecoute, merci beaucoup, c'était super sympa, je suis contente qu'on y soit arrivé au bout de la 3e. Si t’as un petit mot de la fin, c'est le moment?


MB : Et bien merci de nous avoir écouté, si vous ne connaissez pas Une sacrée paire d'ovaires, je vous invite à le découvrir et puis si ça vous dit pas de découvrir, il y a plein de podcasts qui existent, qui sont tous plus géniaux les uns que les autres et l'avantage du podcast c'est que vous pouvez toujours trouver quelque chose qui vous intéressera, sur tous les sujets du monde, donc voilà !


AFA : Enjoy, merci beaucoup Marie et très bon week-end à toi.


MB : Merci beaucoup, à toi aussi !


AFA : Et voilà, c'est terminé pour aujourd'hui ! Un immense merci à Marie Bongars d'avoir pris le temps de discuter avec moi. J'ai passé un super moment, j'espère que vous aussi… Toutes mes excuses à Antonin Archer, qui ne s'appelle pas Augustin et que j'ai passé longtemps à appeler Augustin, donc excuse-moi mais s'il te plaît, accepte mon invitation à venir de l'autre côté du micro.

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