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  • Anne-Fleur Andrle

De l'autre côté du micro de Lory Martinez (Studio Ochenta)


Dans l'épisode de la semaine dernière, vous avez découvert tout un tas de nouveautés pour la saison 3 du podcast qui débute officiellement aujourd'hui. Une saison qui se veut internationale ! Et qui de mieux pour commencer que Lory Martinez, fondatrice du studio Ochenta. Lory est américano-colombienne, et vient Queens à NY. En 2019, elle a fondé Studio Ochenta, un studio de création de podcast multilingues et multiculturels reconnu pour son travail par un Webby Award reçu en 2020 dans la catégorie “arts and culture series”. Un peu comme moi, Lory est installée dans un pays qu'elle aime mais dans lequel elle n'a pas grandi puisque c'est de Paris qu'elle me parle, et qu'elle a vécu en Europe, en Inde et aux Etats-Unis. Ensemble nous évoquons son parcours dans le monde de l'audio de NPR aux podcasts, sa passion journalistique transmise par son grand-père ainsi que ses recommandations d'écoute côté podcast. Une conversation positive et qui fait du bien pour célébrer cette rentrée.





Quelques fun facts à propos de Lory Martinez :

  • Elle a décroché son premier job à l'âge de 17 ans dans l'avion. Celui-ci l'amènera à interviewer Pedro Almodovar quelques semaines plus tard en Angleterre.

  • Elle organise des sessions collectives d'écoute de podcast pour les équipes de Ochenta Studio à raison d'une heure et demie tous les quinze jours

  • Les premiers podcasts qu'elle a écoutés sont :

  • Welcome to Knightsville et Serial (en anglais)

  • La mort des pues (Posa Studio, Argentine) sur les ruptures amoureuses (en espagnol)

  • La Poudre de Lauren Bastide (en français)

  • Chaque matin, Lory écoute The Daily (The New York Times), The Economist (du journal du même nom) et The Journal (du Wall Street Journal)

  • Les deux podcasts moins connus qu'elle vous recommande sont Life Sentence et Tant que je serais noire.


Transcription de l'épisode


Anne-Fleur Andrle : Salut salut et bienvenue dans Génération Podcast, le podcast qui parle de… podcasts. Je vous l’ai annoncé la semaine dernière, cette nouvelle saison, la saison trois du podcast se veut internationale, inclusive et diverse. Alors, qui de mieux que Lory Martinez, la créatrice du studio Ochenta pour ouvrir le bal ? Je suis Anne-Fleur Andrle. Vous écoutez Génération Podcast. C'est parti !


Lory, tu es américano-colombienne, tu es journaliste et productrice de podcast. Tu viens du borough du Queens à New York et tu as fondé le studio Ochenta en 2019, qui est donc un studio de création de podcasts multilingue et multiculturel qui a été reconnu pour son travail plein de fois dont en 2020 par un Webby Awards. Bravo (rires) ! Tu es comme moi, installée dans un pays que tu aimes mais dans lequel tu n'as pas grandi parce que tu es en ce moment même à Paris et que t'as vécu en Europe, en Inde, j’ai découvert cela, et aux États-Unis. Merci beaucoup d'avoir accepté mon invitation. Et bienvenue dans Génération Podcast !


Lory Martinez : Merci de m'avoir invitée !


Anne-Fleur Andrle : Avec plaisir. Je te propose qu'on plonge directement dans le vif du sujet. On va parler du son. Est-ce que tu te souviens du début de ton histoire ? J'ai envie de dire d'amour, mais je ne sais pas, je ne vais pas mettre des mots dans ta bouche… avec l'audio.


Lory Martinez : Alors ça remonte (rires) il y a très très longtemps. En fait, j'avais 17 ans, je crois, oui. Je savais que je voulais devenir journaliste. Je voulais raconter des histoires parce que mon grand-père était journaliste et il a toujours partagé comment c'était fantastique de raconter les histoires des gens, de découvrir le monde à travers le journalisme.


Anne-Fleur Andrle : Il était dans l'audio ou pas du tout ?


Lory Martinez : Non, pas du tout. Il est journaliste, rédacteur en chef à El Tiempo, qui est le journal le plus grand en Colombie. Et du coup, je savais déjà que je voulais être journaliste, mais je ne savais pas trop ce que ça serait mon dada. Donc j'ai fait un voyage à Londres à 17 ans et dans l'avion, j'ai rencontré une fille. J'ai dit oui, je veux être journaliste, mais j'ai commencé à rédiger des articles, tout ça. Je ne suis pas trop fan, je ne sais pas trop si c'est pour moi, et elle m'a dit “Mais moi, je travaille à la radio”. Je dis “Mais à quelle radio ?” Elle dit “À la BBC” Et c'était tellement bien. Ben moi j'étais juste là pour trois semaines en famille et pendant les trois semaines, j'ai fait une espèce de stage d'été.


Anne-Fleur Andrle : Avec la nana que tu as rencontré dans l'avion.


Lory Martinez : Exactement!

Anne-Fleur Andrle : Qui t’a invitée chez elle ? Enfin chez elle à la BBC ?


Lory Martinez : BBC Radio 4 ! Oui, et c'était vraiment, vraiment la première fois que j'étais derrière, avec tout le monde, les trucs d'ingénieur, de son et tout. Et j'étais impressionnée, impressionnée par tout ce qui est ce qui va derrière les choses techniques. En fait je me rappelle tellement d'avoir vu la productrice qui était chargée de la série et les gens derrière qui étaient les animateurs, les radio-journalistes. Mais la productrice, elle, dirigeait vraiment avec le timing et tout, parce que c'est BBC Radio 4 et ils ont le timing exact de chaque série et j'adorais voir comment elle était chef d'orchestre et que je pouvais éventuellement prendre un rôle comme ça dans ce domaine. Et donc j'ai commencé à aimer la radio à partir de ce moment-là.


Anne-Fleur Andrle : Tu n’écoutais pas particulièrement la radio avant ça ?


Lory Martinez : Non, pas vraiment. Moi, j'ai écouté la radio pop music et tout ça, mais pas vraiment. Je n'avais pas de culture, même pas de radio publique parce qu'en étant fille d'immigrés, en fait, la musique que j'écoutais et la radio que j'écoutais, c'était tout en espagnol. Ce n'est pas du tout des reportages, c'était juste de la musique et des blagues, des trucs. Ce n'était pas de la radio publique, ce n'était pas NPR qu’on écoutait à la maison. Mais cette expérience-là, en fait, ça m'a permis de faire ma première interview en personne, justement en utilisant le fait que je parlais espagnol. Donc, en fait, ils devaient interviewer Pedro Almodovar, le directeur espagnol. Et ce jour-là, moi, j'étais la seule au bureau, la stagiaire qui parlait espagnol.


Anne-Fleur Andrle : Han ! A 17 ans ! Tu es là pour trois semaines ! Ah oui, c’est incroyable comme première interview.


Lory Martinez : Ah oui ! Donc t'imagines que c’est normal que je sois bluffée par le truc. Parce que j'ai eu cette première expérience avec un super directeur et tout. Je l’ai rencontré et en fait, ce qui était aussi un peu awkward parce que moi je suis latine donc de base je parle espagnol d'Amérique latine. Et l'interview s'est passée en anglais, hein .Ce n'était pas parce que le directeur ne parlait pas anglais, mais c'est parce qu'il se doutait que peut-être il y aurait des problèmes de traduction. Donc dans les questions, il ne pourrait peut-être pas comprendre les questions qu’on lui poserait, etcetera. Donc j'étais là un peu pour intervenir, mais … moi j'étais stagiaire de 17 ans. Qu'est-ce que j'allais dire ? “Je ne te comprends pas en anglais, quoi ?” (rires)


Anne-Fleur Andrle : J’imagine “ton accent en anglais Pedro …”


Lory Martinez : Non mais c'était super drôle et j'ai adoré cette expérience et c'était vraiment là … quand je l'écoutais parler de sa vie, de son œuvre et tout ça … j'ai kiffé, voilà. Donc après ça, je me suis dédiée full-time à la radio. En rentrant aux États-Unis, j'ai rejoint la radio communautaire dans ma ville. J'ai rejoint la radio publique peu de temps après, donc j'étais à NPR pour faire ma formation professionnelle officielle et donc ça c’était l'amour de la radio; l’amour de l'audio; et tout ça.


Anne-Fleur Andrle : Alors quand tu dis que t'as été formée à NPR, parce que tu as fait une formation théorique aussi à l'école en parallèle ou NPR, tu veux dire formée au cours de tes premières expériences, ou ils ont une formation véritablement ?


Lory Martinez : Alors c'est un peu particulier parce que moi, mon université avait une radio communautaire dans laquelle on faisait des apprentissages. Oui, donc j'ai fait apprentie dans cette radio qui était une vraie radio régionale mais qui était dans l'université en fait. Donc j'ai fait ça pendant un an et après ça, j'ai décroché un vrai stage dans NPR, dans une radio publique qui était locale et qui faisait partie de NPR. Parce qu'en fait, ce que les Français ne comprennent pas, c'est un peu comme Radio France. Mais il y a aussi France Bleu. Moi, j'étais dans le petit France bleu de ça. NPR, c'est beaucoup, beaucoup de stations, de locaux. Et du coup, j'étais dans celle-là, une petite station qui faisait des reportages sur des élections municipales, sur la migration de poissons dans la rivière à côté ...


Anne-Fleur Andrle : Donc, très éclectique.(rires)


Lory Martinez : Oui voilà ! (rires)


Anne-Fleur Andrle : Donc du coup, tu le dis, tu as travaillé en radio pour des médias qu'on pourrait qualifier de traditionnels, mais aussi quand je faisais des recherches, je suis tombée sur ton parcours pour l'ONU en Inde. Est ce que tu peux nous raconter cette expérience ? De quoi il s'agissait ?


Lory Martinez : Oui. Alors pour la Journée mondiale de la radio, j'ai proposé un documentaire sur le pouvoir de la radio en Inde, et le pouvoir de cet outil pour la communication en temps de désastre. En fait, c'était le thème de cette année-là c'était “Comment la radio peut sauver des vies?”.

Et même si j'avais commencé à travailler un peu dans le podcast, la radio était toujours mon premier amour pour moi. Donc j'ai pitché cette idée et j'ai fait ce documentaire. Et donc j'ai passé un mois à Pondichéry, et à Chennai, à faire un reportage sur les grandes inondations qui ont eu lieu cette année-là dans la région. Et j'ai visité des gens qui étaient affectés par ça et j'ai parlé avec le gouvernement indien sur ça. Et j'ai réussi à décrocher des entretiens avec des gens qui étaient dans le gouvernement, qui avaient décidé d'utiliser la radio comme outil et tout ça. Et encore une fois, moi j'ai eu beaucoup de chance. Même si c'est juste quatre semaines, j'ai réussi à avoir des interviews que normalement, ça prendrait des semaines et des semaines à avoir. Mais non, ouais, c'était une super expérience et on a aussi travaillé avec un collègue à moi qui a fait la version vidéo. Donc il a aussi fait, en complément de ce documentaire sonore, un support visuel.


Anne-Fleur Andrle : Et comment expliquer que … parce que moi, je suis un peu contre l'idée de dire que c'est que de la chance ! Est ce que tu es plutôt du genre à saisir les opportunités, comme tu dis à Londres, t’as rencontré la nana dans l'avion et tu te retrouves à interviewer Almodovar quelques semaines plus tard ? Là aussi. Est ce que c'est un truc que tu retrouves un peu partout dans ta carrière ou dans ta vie perso ? Tu saisis les opportunités comme elles viennent ou t'es très ouverte, ou … je ne sais pas si tu es capable d'expliquer ça.


Lory Martinez : Alors je pense que je peux l’attribuer à deux choses.


Une, c'est le fait que je suis fille d'immigrés et du coup, je n'ai pas le choix. Je dois avoir du succès. Ce n'est pas possible pour moi de juste me laisser faire ou comment dire, de me laisser abattre par manque d'opportunités. Il ne faut pas penser comme ça. Il faut que moi, j'utilise le privilège que mes parents m'ont donné en étant américaine, née aux Etats-Unis avec un passeport américain, et le fait que je parle espagnol et anglais. Tout ça, c'est un atout que j'ai utilisé tout le long de ma carrière. Et vraiment, j'ai toujours pensé, il faut saisir une opportunité, faut dire à la fille “non mais moi aussi je veux être journaliste”. Il ne faut pas hésiter en fait. Et j'ai eu beaucoup de chance dans ce sens là, parce que les gens étaient ouverts à ma passion, parce que j'étais toujours très, très passionnée, par ce que je fais et c'était difficile des fois. Mais ce n'était pas une question de dire on va arrêter, je trouve pas de choses à faire. Non, non, il faut trouver, faut chercher. J'ai toujours été très à la recherche des opportunités de me mettre en avant, un peu à l'américaine.


Donc je dirais que la deuxième chose qui m'a beaucoup aidée, c'est que je suis américaine et en fait, on nous apprend depuis un très jeune âge qu'on peut tout réussir. On peut tout faire, même si on est médiocre. Donc je ne dis pas que je suis médiocre, mais je dis qu'en fait, il faut avoir beaucoup de confiance en soi et j'ai appris ça. Et comme ça, j'ai réussi à rentrer dans des salles où j'étais la seule femme, la seule latine. Et je n’ai pas peur parce que je mérite d'être là autant que le mec qui est français de souche ou un américain de souche. Voilà.


Anne-Fleur Andrle : Comment est-ce que tu en es arrivée au podcast du coup, à partir de cette trajectoire professionnelle ?


Lory Martinez : Alors avant de partir en France, j'avais déjà commencé à faire des projets de podcasts. C'étaient vraiment les toutes premières années de podcast à la radio publique. Vers 2014-2015, c'est les années de Serial. Et donc j'ai fait partie de l'équipe web qui aidait à mettre les reportages en ligne et les appelait les podcasts.


Anne-Fleur Andrle : C'est-à-dire, c'était les rediffusions, tu veux dire des rediffusions ?


Lory Martinez : Oui, et on les appelait les podcasts parce que c'était comme ça que avait commencé à devenir le mot clé. Et après, quand je suis parti en France, j'ai commencé à faire du conseil sur des podcasts indépendants en utilisant un peu une méthode de branding et communication que j'avais appris aux États-Unis, liée au podcast. Donc comment on présente un podcast ? Comment c’est différent d'une rediffusion radio? En fait, le package qu'on faisait pour le podcast n'est pas le même. Donc j'ai commencé à me présenter dans mon entourage et j'ai rencontré des podcasts indépendants en France. C'était vraiment moi, je viens de la radio publique, on le fait comme ça. Je sais que vous êtes inspiré par les Etats-Unis. Moi, je peux vous apporter ce savoir-faire. Donc j'ai commencé à produire des podcasts indépendants un peu partout en France, et en plus de faire des piges radios-journalistiques dans les trois langues que je parle.


Et du coup, j'ai commencé par travailler avec Julie Gerber, de A Poêle podcast que vous connaissez peut-être. Et c'était une belle collaboration. On avait commencé depuis le tout début du projet, donc tout ce qui est création de format, vraiment réfléchir, aux types de questions que l'on voulait poser, le concept, etcetera. Et après l'enregistrement et la postproduction. Donc j'ai vraiment guidé ce projet pour qu'il soit packagé comme un podcast de qualité, voilà. Et ce podcast a eu beaucoup de succès et donc j'ai commencé à produire d'autres podcasts à côté, et aussi en continuant à produire aux États-Unis.


Donc en fait, on me demandait beaucoup plus de podcasts maintenant étant en Europe et je continue à travailler avec des francophones sur des podcasts en français. Donc je fais partie des tout premiers podcasters en France en n’étant pas française. Mais justement parce que j'étais là au début. C'était vraiment 2015-2016. Les gens ici étaient en train de se questionner. Nouvelles Ecoutes était en train de se lancer. Louie Média avait commencé l'année d'après. Donc c'était vraiment le tout début. Et tous ces gens là, ils se connaissent et c'est une super communauté. Et je suis très très contente d'avoir été accueillie en étant étrangère parce qu'ils sont super. C’est des gens super, de super journalistes, de super personnes dans le podcast en France et j'ai toujours été très très fière de faire partie de cette communauté.


D'ailleurs, j'avais fait un article peu de temps après sur les femmes et le podcast parce que je trouvais que, en France, à l'opposé des autres pays, c'est les femmes qui prennent la parole, ces femmes qui ont les boîte de production de podcasts, tout ça et c'est dingue. Et donc je les félicite et je suis très très contente de voir comment toutes ces boîtes là ont évoluées et d'en faire partie aussi avec mon studio maintenant.


Anne-Fleur Andrle :

Je projette peut être un peu mon expérience perso, mais du coup je te demande, puisque tu le dis, tu travaillais beaucoup entre les États-Unis, la France et même peut-être d'autres pays en langue espagnole. Comment est ce que tu parviens à faire ce grand écart entre plusieurs pays, ne serait ce que même logistiquement entre différents fuseaux horaires ? Comment est-ce que tu n'arrives pas à te faire une place finalement dans tous ces écosystèmes ? Tu vois ? Professionnellement.


Lory Martinez : C'est difficile. Je pense que je le fais depuis tellement d'années seule, en tant que freelance. En fait, je me “brandais”, j'ai vraiment fait une marque personnelle d'aide internationale, j'ai toujours voulu être ça. En fait,un jour, quand je suis parti en France, je me suis dit : “Je veux être une journaliste internationale, je vais utiliser les langues que je parle et peu importe le média, je vais essayer de faire des reportages dans les langues que je parle. Je ne peux pas le faire aux États-Unis. Ce n'était pas vu comme une valeur, une valeur ajoutée en fait aux États-Unis à cette époque là. Aujourd'hui, il y a beaucoup plus de contenu en espagnol et ça commence à se voir. Mais disons qu'à l'époque, non. Donc je me suis toujours un peu présentée comme ça et donc j'ai jamais eu du mal à me placer dans cette culture parce que c'était authentique à chaque fois.


Donc automatiquement, j'ai grandi avec la culture latine, donc je peux me présenter.

Je peux proposer des projets parce que je sais, je connais cette audience. Pareil pour les États-Unis. Les Américains, je les connais parce que je suis Américaine. Dans tous les cas, en France, c'était encore un autre challenge. Mais ce qui était génial, c'est que j'avais travaillé avec des gens qui avaient des beaux projets, qui étaient locaux et sur lesquels je n'avais pas apporté le côté créatif mais le côté technique et professionnel. Donc je sais, je connais mes forces. Je ne suis pas française, donc je sais que je ne connais pas les Français aussi bien qu'une Française. Mais que ce que je peux apporter à cette audience, c'est cette connaissance, c'est ce côté professionnel de podcast. Donc c'est comme ça que j'ai trouvé et maintenant j'ai une énorme gratitude d'avoir une équipe qui m'aide à travailler à travers tous ces fuseaux horaires parce que c'est dur. On a des clients à Los Angeles et je t'explique pas, c'est très compliqué mais c'est cool parce qu'en plus on travaille tous remote, donc on n'a jamais eu de soucis à produire des choses à l’international comme ça, parce que notre travail est quand même digital.


Anne-Fleur Andrle :

Est-ce que tu te souviens du premier podcast que tu as écouté ? Peut être côté US, côté espagnol aussi. Parce qu'on ne parle pas en espagnol et en France puisque tu y arrives finalement au début de la vague de podcasts en France

Lory Martinez : Alors je veux dire le premier podcast, en espérant que j'ai écouté. C'était un podcast en espagnol qui s'appelait “El amor después (NDLR ‘ L’amour après’). Et c'était un podcast argentin d'un studio qui s'appelle Posta. Et c'était sur les ruptures amoureuses. Donc chaque épisode, c'était deux amis qui parlaient d’une expérience qui a été envoyée par mail ou un truc comme ça qui racontait une expérience de cette rupture. Et j'ai adoré le format, le host était cool et surtout, c'était la première fois que j'avais écouté ça en espagnol. Pour moi, c'était waouh ! Je suis super contente d'écouter ça dans ma langue parce que c'est ma langue maternelle. À la base, j'ai appris l'espagnol en premier. C'est pour ça que mon accent en français est latin et pas américain. Et donc j'étais super contente de le découvrir. Après, en américain, comme tout le monde, c'était Serial. Mais le premier qui m'a vraiment fait devenir passionnée de ça (les podcasts), c'était “ Welcome to Knightsville”, qui est un podcast de fiction. Qui… Comment expliquer ça ?


C'est un programme de radio fictionnelle dans une ville qui expérimente des choses très bizarres et le journaliste qui anime le programme parle de tous les faits divers de cette ville bizarre. Par exemple, le ciel est vert aujourd'hui, pourquoi ? Pour moi, c'était tellement drôle et c'était tellement indépendant que j'ai adoré. Elle ne prend pas au sérieux cette série, c'était super. Et en France, le premier que j'ai écouté, c'était vraiment La Poudre. J’'adorais ce format d'interview parce que même si l'interview, c'est un format classique de base et que beaucoup de gens font, j'aimais beaucoup la manière dont Lauren Bastide menait les entretiens. J'avais envie d'écouter la suite, même si je ne connaissais pas la personne et ça c'est fort. J'ai toujours été très impressionnée par ça.


Anne-Fleur Andrle :

Finalement, après ces années de freelance, de radio journalisme pour plein de clients, en 2019, tu crées Ochenta. Tout d'abord, je te propose qu'on parle du nom. J'ai jamais fait d’espagnol de ma vie, mais selon Google Translate “Ochenta”, ça veut dire 80, c'est ça ? Pourquoi ce nom ?

Lory Martinez : Alors Ochenta c'était parti de mon adresse à la maison dans le Queens. J'ai passé beaucoup de temps à réfléchir à comment je vais appeler ma boîte. Déjà, j'ai pris beaucoup de temps à décider de me lancer, à faire une boîte et pas juste rester freelance parce que c'était beaucoup plus de galères à gérer une société que juste être freelance. Mais quand j'ai décidé de vraiment faire le pas, j'ai passé beaucoup de semaines à penser. Mais qu'est ce qui me représenterait le plus ? Qu'est ce qui représenterait cette multiculturalité que j'ai et avec qui j'ai grandi et ce qu'on propose comme contenu et qu'il serait possible de prononcer au moins dans les trois langues. Pour les autres langues, ce serait compliqué, je crois.


Anne-Fleur Andrle :

Les trois langues étant donc l’anglais, l’espagnol, le français.

Lory Martinez : Exactement. Parce qu'à la base, Ochenta je l'ai lancée avec les trois langues que je parle moi même. Aujourd'hui, on présente 27 langues, c'est autre chose, mais à la base, c'était ces trois-là. Donc j'ai pris ce chiffre parce que ça faisait partie de mon adresse à la maison quand j'étais petite et c'était une adresse qui représentait cette maison multiculturelle, et c'est aussi un petit souhait à moi qu'on ait 80 langues chez Ochenta.


Anne-Fleur Andrle :

Génial ! Moi je croyais que c'était par rapport à Mija


Lory Martinez : Mija qui était 80 minutes de contenu aussi mais ça, c'était après, rien à voir. Moi, j'ai vraiment voulu faire ça, que ce chiffre-là, ce titre-là représente la multiculturalité. Après la première série, Mija, effectivement, on les a publiés avec dix minutes de contenu, huit épisodes donc 80 minutes de contenu. C'était un format que j'ai trouvé un peu parfait parce que voilà, on s'appelle Ochenta, mais aussi parce que je trouvais que l'histoire pourrait vraiment parfaitement se présenter dans ce temps-là. Donc une jolie coïncidence et depuis le chiffre 80 me suit partout, même sur d'autres séries ou on ne veut pas forcément en faire un 81 épisode ou quoi ? Là, récemment, on a sorti une série “Choisis ta propre aventure”. En anglais, Adventures in Atacama et en espagnol, Atacama.


Jingle Adventures in Atacama

Lory Martinez : Au total, ça fait 35 épisodes, dont 37 épisodes fois deux parce que c'est deux langues, plus les bonus. Donc en fait, finalement, l'équipe a produit 80 pièces de contenu.


Anne-Fleur Andrle :

Voilà mais quand tu ne veux pas ! (rires)

Lory Martinez : Et même quand je ne veux pas c'est comme ça, voilà ! (rires)


Anne-Fleur Andrle :

Donc pourquoi est-ce que le studio Ochenta a vu le jour ? Du coup, qu'est ce qui t' a poussé à sortir de ton travail de freelance ? Et est ce que Ochenta en 2022, c'est le même que Ochenta en 2019 ?

Lory Martinez : Pour reprendre ta question, pourquoi j'ai lancé à Ochenta ? Je pense qu'au bout d'un moment, je me suis dit que j'avais envie de raconter ma propre histoire et d'arrêter d'être derrière, derrière en production, en postproduction, cachée…Je voulais vraiment pouvoir présenter une vision de l'audio que je ne voyais nulle part ailleurs. Et je ne pouvais pas faire ça sans me mettre en avant moi-même. Donc c'était vraiment une espèce de force en moi qui me disait il faut quand même que les gens reconnaissent mon travail et que je ne sois pas juste un nom au crédit Que je sois plus mise en avant, mais aussi que cette vision de l'audio, que ce soit la diversité diverse, que ce soit multiculturel, que ce soit à travers les cultures, et cetera, et que ce soit à travers un studio que je représente.


Anne-Fleur Andrle :

Ça va avec ta marque de ce que tu disais tout à l'heure aussi.

Lory Martinez : C'est ça. C'est ma marque. Mais en plus grand. Et j'ai eu des opportunités. Juste avant de lancer Ochenta, j'ai eu plusieurs propositions de poste dans des supers boîtes qui aujourd'hui existent et qui sont géniales. J'aurais pu être dans des supers sociétés françaises ou américaines. Mais finalement j'ai décidé de faire mon propre truc et aujourd'hui je rencontre les chefs de ces boites et je dis j'ai fait le bon choix parce que j'ai fait mon propre choix, ma propre vision des choses et je n'ai pas fait une erreur. Je ne regrette absolument pas.


Anne-Fleur Andrle :

Et alors ? Quelles sont les histoires que Ochenta raconte ?

Lory Martinez : Alors depuis le départ, je voulais absolument raconter les expériences des émigrés, des gens qui vivent la double culture, des gens qui ne sont, qui ne sont jamais vraiment représentés dans les médias généralistes. Donc à la base, en lançant avec Mija, c'était aussi pour présenter ces histoires. Moi, j'ai adoré le fait que les Français ont aimé Mija parce qu'ils n'avaient jamais entendu une histoire d'une famille latine colombienne aussi aux États-Unis, parce qu'ils ne connaissent que les trucs de narcos et tout ça. Donc j'étais super fière de pouvoir présenter une autre perspective. Donc toujours avec nos séries, c'était de faire des choses qui te surprennent, qui te donnent cette nouvelle perspective sur une culture, sur une communauté et toujours avec des gens qui sortent de cette communauté. Donc, c'est aussi ça qui me poussait à produire des choses par exemple avec Mélanie Hong qui produit plusieurs podcasts indépendants en France.


Anne-Fleur Andrle :

Et qui est chroniqueuse chez Génération Podcasts.

Lory Martinez : Voilà ! Et une volonté de représenter son histoire à elle (NDLR Mélanie Hong) en France aussi. Et par la suite, toutes les autres séries qu'on a fait en originaux et même pour nos clients à chaque fois, c'est-à-dire que les langues ne devraient pas être une barrière. La culture ne devrait pas être une barrière pour comprendre l'un et l'autre. Voilà.


Anne-Fleur Andrle :

Vous avez gardé cet engagement et cette ambition qui est très forte depuis le début. Comment est-ce que le studio a évolué au cours de ses trois-quatre années d'existence ?


Lory Martinez : Alors à la base, c'était que moi qui travaillais avec des gens sur des petits projets. Mais c'était pas très grand à la base. En 2019, une première série Mija, j'ai fait la voix dans les trois versions. J'ai traduit toutes les versions produites en anglais, français et espagnol. Je ne referai plus jamais ça (rires) ! . C'était génial, c'était innovateur. Et tout ça à l'époque, c'était impressionnant, je crois. Mais je suis très très fière de l'équipe que j'ai construite depuis 2019. On a grandi, maintenant, on est huit avec deux stagiaires, on est vraiment une équipe multiculturelle de ouf. On produit maintenant, comme je le disais, 27 langues et avec des projets de plus en plus ambitieux. Donc, la plus grande série qu'on vient de sortir, c'était “Je choisis ta propre aventure” en anglais et en espagnol. On a une autre série qui va sortir d'ici septembre normalement si tout va bien.


Anne-Fleur Andrle :

Donc normalement, au moment où cet épisode sortira.

Lory Martinez : Voilà peut-être. Et on ne sait jamais. Il y a toujours des imprévus.


Anne-Fleur Andrle :

Il y a toujours un truc ! (rires)

Lory Martinez : Mais si tout va bien en septembre, on aura une autre super grande série qui va sortir. Donc je suis bluffée par le talent de mon équipe et des gens avec qui je travaille tous les jours. Ils m'apprennent toujours des choses intéressantes et ils apportent des perspectives incroyables. Et puis, je suis super contente. Aujourd'hui, Ochenta c'est plus grand. On est huit comme Ochenta. Je n'ai même pas fait exprès ! (rires) . Et je vois de grandes choses à venir et ça va continuer.


Anne-Fleur Andrle :

Aujourd'hui. Donc, tu le disais, vous avez le Choose Your Own Adventure qui est mi- escape game mi- fiction, comédie aventure avec Atacama. Vous avez aussi du true crime, vous parlez des sujets de société, d'héritage culturel ou des fictions, de l'aventure. Est ce que vous avez une spécialité en fait ? Et ce n'est peut-être pas justement dans le style, c'est plus sur le fond ?

Lory Martinez : Je pense que c'est surtout sur le fond. On a fait une charte de valeurs d’Ochenta, récemment d’ailleurs avec des nouvelles propositions d'idées de l'équipe. Et je pense que ça pourrait répondre plus à la question parce que c'est vrai qu'on fait un peu de tout. On n'est pas fixé avec une cible de femmes ou de je ne sais pas un mexicain de l'âge de 25 à 35 ans. En fait, toutes les séries d’Ochenta doivent inspirer, doivent donner un peu de curiosité, apprendre quelque chose. Elles devraient toujours avoir des valeurs familiales, disons de mettre en avant des choses qui pourraient s'écouter par toute la famille. Donc même nos true crimes, ils sont pas violent donc en fait tu peux l'écouter avec les gosses et ils devraient vraiment te donner des émotions. Donc que ce soit de rigoler ou d’être sentimental, un peu comme Mija, ça devrait te faire sentir quelque chose. J'aime bien me comparer à Pixar, toutes nos séries sont un peu expérimentales comme ça, chacune a sa propre identité.

Mais à la fin de la journée, elles ont toutes quelque chose qui te touche, qui t'émeut et c'est ça qui nous pousse à faire des nouveaux projets intéressants.


Anne-Fleur Andrle :

Alors tous tes projets, on le disait, sont maintenant dans plein de langues. Une question que j'ai on parle souvent à Génération Podcasts, de l'écosystème français, puisque c'est celui dans lequel, en tout cas celui qu'on a en commun, dans lequel on évolue. On a beaucoup parlé dans le passé aussi de l'écosystème podcast américain, là où beaucoup de choses ont commencé quand même dans le monde, qu'est ce qu'il en est de l'écosystème du podcast espagnol ? Est ce qu'il y a un écosystème ? Je sais pas qui c'est, qui est plus propre à un continent, je pense à l'Amérique du Sud ou est ce que c'est vraiment la langue ? Comment est-ce que ça s'organise ? Comment ça se fait ? Est-ce que tu peux nous en dire quelques mots?


Lory Martinez : Alors, il y a trois régions fixes pour l’écosystème du podcast espagnol, il y a l'Espagne, il y a l'Amérique latine et il y a US Latino.


Anne-Fleur Andrle :

Oui, c'est vrai qu'il n'y a pas de langue officielle aux États-Unis.

Lory Martinez : Voilà, on a pas une langue officielle, mais on sait que la deuxième langue la plus parlée (NDLR aux Etats-Unis), c'est l'espagnol. Et donc maintenant, cette audience là, elle compte comme une autre pays, disons d'auditeurs et auquel on veut s'adresser par rapport à du contenu bilingue ou le faire disponible en espagnol et en anglais en même temps. Et ça, c'est intéressant et je suis très très intéressée de voir comment cette audience est soutenue par les plateformes. Justement, parce que quand on voit l'argent qui passe dans les plateformes aux États-Unis, s'il s'appliquait à une cible spécifique comme ça, ça pourrait grandir très vite. Donc, ce qui va être à voir dans les prochaines années, ça va être cette audience latine aux États-Unis. Ensuite, on a l'Amérique latine qui est vraiment concentrée sur les trois pays, donc Argentine, Mexique et Colombie. Surtout parce que là, il y avait une culture de l'audio un petit peu plus forte et aussi par rapport au doublage. Et tout ça avec déjà une culture d'écouter des choses doublées.

Lory Martinez : Et aussi il y a des choses intéressantes qui se passent par rapport aux différents genres là-bas. Donc beaucoup d'horreurs. Supernatural, comment dire ? Conspirations.


Anne-Fleur Andrle :

Conspirations… conspirationnistes.


Lory Martinez : Voilà, ça, c'est hyper populaire en Amérique latine. Et bien sûr, les comédies comme ça, c'est parti de notre culture. Oui, et en Espagne ? Ce qui est intéressant, c'est que des fois, il y a des choses qui tournent, qui se transfèrent dans l'Amérique latine, en Espagne et vice versa. Mais c'est au cas par cas, pas forcément, je ne pourrai pas dire que toutes les séries Amérique latine marchent en Espagne et vice versa. Nous, on a eu beaucoup d'amour pour Mija en Espagne aussi parce qu'on était basés en Europe et beaucoup de notre promotion était dirigée vers l'Espagne parce qu'on connaissait cette audience. Moi, je connaissais cette audience parce que je suis ici, je travaille avec des Espagnols. Mais voilà, il faut savoir qu'en espagnol, l'écosystème grandit. On a beaucoup, beaucoup d’hispanophones dans le monde et je suis heureuse de pouvoir faire du contenu pour eux.


Anne-Fleur Andrle :

Lory, est-ce que t'écoutes encore des podcasts ? Est ce que tu as encore le temps d'en écouter ?

Lory Martinez : Alors tous les matins, j'écoute the Daily et toutes les news cast comme Le Wall Street Journal, la BBC, The Economist J'écoute tous ces trucs d'actu anglais le matin et puis toutes les deux semaines, on a une session d'écoute avec l'équipe où on contribue à une playlist sur des programmes intéressants et on écoute pendant 1 heure et demie des podcasts différents.


Anne-Fleur Andrle :

Ensemble du coup ?

Lory Martinez : Oui, ensemble ! On fait une session d'une heure et demie à écouter des programmes. Des fois, c'est plus court parce qu'on a moins de temps. Mais j'essaye de dédier au moins ça parce que ça nous fait apprendre à tous ce qui se passe et on le fait dans plusieurs langues. Donc des fois, on le fait qu'en anglais et en espagnol. Une fois, on l'avait fait en allemand. Voilà, c'est juste pour un peu comprendre même si on ne comprend pas la langue, on essaye avec l'oreille attentive de comprendre ce qui se passe. Quels sont les formats intéressants ? Quelles sont les transitions qui se font? pour être inspiré ? Donc j'ai essayé de me forcer à faire ça depuis six mois. On fait ça parce que justement, j'ai trouvé que je n'avais plus le temps du tout d'écouter des choses. Et là, j'ai mis en place. On n'a plus d'excuses chez Ochenta de ne pas écouter les podcasts.


Anne-Fleur Andrle :

Évidemment, mais c'est sain. C'est une bonne idée. Et alors ? Justement, à quelle vitesse est-ce que vous écoutez les podcasts ?

Lory Martinez : Ah non, à vitesse normale, je suis trilingue mais quand même il ne faut pas pousser ! (rires).


Anne-Fleur Andrle :

Comment est-ce que tu découvres de nouveaux podcast si tu arrives à en découvrir, à part du coup, avec cette playlist à laquelle tout le monde peut contribuer ?

Lory Martinez : Alors je découvre par des newsletters beaucoup ou par recommandation, donc des gens et même par des festivals. Je vois, je vois des performances, je vois un panneau dans lequel quelqu'un parle de son podcast. Je l'écoute en revenant dans l'avion et après je le recommande à des personnes parce que si je l'aime, je l'aime à fond. Je suis comme ça, parce que c'est surtout si ce sont des podcasts indépendants. En fait, c'est ça qui a fait aimer Mira aussi. Parce que les gens, quand ils ont écouté, ils ont tout de suite partager à des personnes. Donc si c'est quelque chose qui est un tas d'or, il ne faut pas le garder pour toi tout seul. Ben oui, pas gentil ça.


Anne-Fleur Andrle :

Est-ce que tu pourrais me parler d'un podcast que tu adores justement, mais que les gens ne connaissent généralement pas ou peu?

Lory Martinez : En anglais ou en français ?



Anne-Fleur Andrle :

Comme tu veux !

Lory Martinez : Je donne les deux si tu veux. En anglais, je viens de découvrir cela et franchement, j'ai vraiment adoré parce qu'il est difficile de faire des podcasts sur le climat sans que ce soit saoulant. Et je ne le dis pas parce que je n'aime pas écouter l'actualité, j'écoute l'actualité tous les jours et je sais qu’on est pessimistes mais j'ai du mal à écouter des podcasts qui sont hyper pessimistes. Par exemple, j'aime bien voir qu'il y a quand même de l'espoir. Ce podcast s'appelle “ Life Sentences” et c’est un podcast que j'ai découvert justement à un festival. Un podcast indépendant qui fait chaque épisode, c'est la période de temps qu'il nous reste pour cette partie de l'océan ou cette espèce d'animaux par exemple, il y a un épisode qui s'appelle Polar Bear et ce sont les ours polaires. Et dans 35 ans, il y aura plus d'ours polaires, donc l'épisode dure 35 minutes. Et c'est un mix de fiction et documentaire. Et moi, j'aime beaucoup les formats qui cassent les formats. Donc celui-là, il m'a beaucoup, beaucoup inspiré et m'a donné des idées pour un peu casser cette négativité autour des podcasts climatiques. Parce que je pense qu' il faut avoir des podcasts climatiques, il faut parler de ce qui se passe. Mais quelle est la meilleure manière d'inspirer les gens ? Voilà une manière intéressante et sans leur donner l'impression qu'ils sont en train d'avoir une leçon. Et donc celui-là, je le recommande vivement. Il n'est pas en français, désolée.


Et en français ? Récemment j'ai rencontré une fille qui fait un podcast qui s'appelle “Tant que je serai noire “ et qui vient d'être sélectionnée pour le Google Podcast Program et j'aime beaucoup cette perspective et je recommanderais celui- là.


Anne-Fleur Andrle :

Est ce qu'il y a un truc que tu voudrais dire à un ou une aspirant podcaster ? A quelqu'un qui se lance ? Peut- être que c'est quelque chose qu'on t'a dit. Peut-être que c'est quelque chose qu'on t'a conseillé ou goûté ? Que tu aurais aimé qu'on te qu'on te dise quand tu t'es lancée ?

Lory Martinez : Quand j'ai commencé à conseiller sur des podcasts; le premier conseil que j'ai donné à tout le monde, c'était Ose ! Vas- y ! Fais- le ! Personne d'autre ne va le faire à ta place. Tu es la seule personne avec cette perspective. Si tu es passionné par ton sujet, fais- le. Mais je sais que c'est plus facile à dire qu'à faire. Parce que même en disant ça, ça m'a pris quand même cinq ans avant que je lance ma société. Parce que … je ne dirais pas que je ne croyais pas à mon projet mais je me disais que je n'avais pas ma place encore.

Hum. Tout ça a changé. Parce que justement, je suis allé à la rencontre des gens que j'admire énormément dans la radio publique et dans le podcast américain, dans un festival. Et en fait, ils se posaient la même question. C'est incroyable. Parce que même les gens qui sont hyper établis, qui ont des podcasts, qui sont hyper connus de Radiotopia, je ne sais pas si tu connais des studios de podcasts le plus ancien aux States eux aussi ils se posaient ces mêmes questions là.


Donc si tout le monde se demande est-ce que j’ose à n'importe quel niveau, il ne faut pas avoir peur. Donc moi, après le festival, j'ai eu justement cette personne au-dessus de moi avec plus d'expertise qui me dit mais vas y. Donc je dirais peu importe quel niveau tu as de production, je dirais vas- y ? Qu'est ce que t'as peur de faire sur le podcast ? Si tu trouves que ton idée a vraiment besoin d'être écoutée et que tu penses que tu auras une audience, fais-le, fais-le parce que tu perds rien ou alors peut-être un peu de temps. Mais si tu crois vraiment à ça, tu ne vas pas avoir l'impression que tu perds du temps. Donc voilà, c'est ça le conseil.


Anne-Fleur Andrle :

Pour terminer, et parce que je sais que vous aimez les recommandations de podcasts, Lory vous livre quelques recommandations sur quoi écouter qui a été produit par le studio Ochenta.

Lory Martinez : Si vous aimez les podcasts internationaux et que vous aimez écouter des histoires de perspectives que vous ne connaissez pas, je recommande déjà notre série phare en français qui est Mija Podcast. Les deux premières saisons sont disponibles en français Ça s'écrit M-I-J-A ça ne se prononce MIRA mais si ça vous aide à la trouver vas y (rires). Et aussi si vous écoutez des podcasts en anglais pour apprendre plus l'anglais. Je recommande aussi notre série Keeper pour ceux qui aiment le true crime quand même, qui n'est pas violent. Voilà, il est disponible en anglais, allemand, espagnol et italien.


Anne-Fleur Andrle :

Et du coup tu fais plus en français d’ailleurs !

Lory Martinez : Depuis un moment, on a fait un changement de concentration dans le contenu, mais ça va arriver.


Anne-Fleur Andrle :

Ça va revenir. La Joconde, vous l’avez fait en français .


Lory Martinez : On vient de produire des choses (en français), mais ce n’est pas encore sorti.


Anne-Fleur Andrle :

Merci beaucoup Lory.

Lory Martinez : Merci à toi.


Anne-Fleur Andrle :

Je te souhaite un merveilleux été. J'ai hâte de voir ce que vous nous préparer pour septembre. On croise les doigts pour septembre et puis voilà ! Je vous remercie sincèrement d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout et j'adresse un merci tout spécial à Lory Martinez pour sa disponibilité, la générosité de son partage et j'ai appris plein de choses. Je vous mets les recommandations de Lory dans les notes de l'épisode ainsi que sur le blog : https://www.ecoutegenerationpodcast.com. Je vous invite à nous retrouver sur LinkedIn et Instagram sur la page de Génération Podcast pour échanger à propos de cet épisode. En attendant, je vous souhaite une très très belle semaine et je vous retrouve jeudi prochain pour de nouvelles histoires. À bientôt !


 

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Production, écriture et voix : Anne-Fleur Andrle

Habillage et mixage : Alice Krief

Transcription de l'épisode : Maylis

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