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  • Anne-Fleur Andrle

Les podcasts d'interviews : sommes-nous snobs ?

Cette semaine, j'ai envie de vous parler d'un truc qui me chiffonne (un peu). Il y a quelques années, j'ai commencé à “consommer” des podcasts natifs, en écoutant des interviews qui me plaisaient. Je vous l'ai déjà confié ici : je n'ai commencé à écouter et apprécier les créations de Radio France qu'assez tardivement, moi j'écoutais Pauline Laigneau et feu Le Gratin (je me souviens encore de cet épisode sorti en août 2019, qui m'a profondément marquée). C'était long mais passionnant et … inspirant (oui, j'ai osé !).

Puis 4 ans plus tard, j'avoue que j'en écoute toujours mais proportionnellement cela représente beaucoup moins de mes écoutes qu'avant. J'écoute des dizaines de podcasts chaque semaine, et je ne sais pas si c'est l'envie de renouveau, la lassitude du format ou encore mon amour du son, des sons que l'on peut explorer dans d'autres formats, mais c'est un fait, j'essaie de me détacher un peu des podcasts conversationnels en tant qu'auditrice.




Pourtant, les podcasts d'interview représentent environ 9 podcasts sur 10 dans le monde : c'est énorme. Ça veut bien dire quelque chose quant à l'intérêt et la popularité de ce format, non ? Alors oui, c'est vrai : le format interview nécessite souvent moins de ressources en post-production. Mais clairement, les auditeurs plébiscitent ce format !

Cependant, j'ai l'impression d'être témoin (et - peut-être - d'y prendre part également) d'un certain snobisme du milieu podcast “pro”, des auteurs et créateurs de podcasts vis-à-vis de ce format, l'interview. Comme si cela n'avait pas le même mérite ? Je m'interroge à ce sujet : est-ce que je suis la seule à ressentir ça ou est-ce que - si vous avez un podcast conversationnel - vous sentez votre travail moins reconnu ? Ou au contraire, si vous produisez de la fiction ou du documentaire, considérez-vous que c'est plus qualitatif ? Je trouve un peu dangereux ce genre de cassure entre deux mondes car cela contribue à rendre encore plus inaccessible un monde qui se revendique très ouvert.

Et d'ailleurs on n'écoute pas forcement ce qu'on produit. De mon côté, j'ai commencé par le podcast conversationnel en tant que créatrice, et m'oriente de plus en plus vers le docu, comme si je cherchais à tendre vers ce que j'écoute ? Je me souviens de mon entretien avec Pierre Orlac'h l'année dernière (le fondateur de Bababam) qui me confiait écouter Génération Do It Yourself de Matthieu Stefani (un podcast long de conversation sans retouche) alors que son studio produit plutôt des formats courts et narratifs.

Ça vous évoque quoi tout ceci ?


Extrait de ma newsletter du 26 janvier 2022.